jeudi 23 mars 2017

Un avis succint mais ô combien sympa de La lettre et le Peigne...

...pour le site Le Rayon du Polar


Pour voler un peigne, ils n’ont pas hésité à tuer un gardien ! Mais il est vrai que ce peigne caressa les cheveux du Führer à moins que ce ne soit sa moustache…
Une nuit, alors qu’il rentre chez lui, Jacob Schmidt est sauvagement agressé par des inconnus…
Très vite le lecteur apprend que les agresseurs de Jacob sont les auteurs du vol du peigne. Si les raisons qui pousse la mystérieuse organisation, d’évidence nostalgique du 3ème Reich, à kidnapper Jacob Schmidt demeurent obscures jusqu’au dénouement, le lecteur en entrevoit malgré tout les contours, à tel point que les révélations finales qu’il découvre en lisant la lettre que la grand-mère de Jacob, Anna Schmidt, destinait à son fils, ne le surprennent pas vraiment.
a force de ce roman ne réside donc pas dans l’intrigue qui s’y déploie, mais dans son agencement. Tout le talent de conteur de Nils Barrellon se loge dans sa capacité à embarquer ses lecteurs dans un voyage protéiforme. Le périple, qui conduit Jacob de Berlin à Rennes, de Francfort à Paris, se double de sauts désordonnés d’une décennie à l’autre avec l’élégance des grandes plumes, de celles qui rendent addicte, de celles qui éclairent la nuit des insomniaques

jeudi 16 mars 2017

L'avis sur La lettre et le Peigne...

...de la librairie Soleil Vert


Nils Barrellon est professeur de science-physique à Paris. La lettre et le peigne est son quatrième roman (le 3e qui met en scène le commissaire Kühn, bien qu'ici ce dernier ne fasse que de la figuration). D'abord publié aux éditions City, le voilà intégrant le catalogue Jigal, initialement cantonné au polar marseillais, puis élargi au polar méditerranéen en général et qui désormais s'ouvre à d'autres géographies.
L'auteur nous raconte sur près de 70 ans, le destin de la famille Schmidt, de la grand-mère Anna qui apparait dès le premier chapitre en 1945 dans un Berlin en ruine, de son fils Joseph puis enfin, de nos jours, de Jacob, son petit-fils. L'histoire démarre lorsque ce dernier se fait agresser après une soirée, entraînant le lecteur dans une aventure qui le mène de Francfort à Berlin, de Paris à Rennes en passant par Wiesbaden et Berne à la poursuite d'une mystérieuse lettre écrite par Anna.
Barrellon livre ici un thriller historique "franco-allemand" très fluide, hyper rythmé et cinématographique - clairement inspiré des séries télévisées dont l'auteur est friand - un roman-puzzle, voire choral où l'action est toujours au premier plan. Lui qui n'a jamais mis les pieds en Allemagne (authentique) n'a pas pour autant négligé un gros travail de documentation afin de donner à la fois une épaisseur historique, une crédibilité géographique et une touche linguistique, n'hésitant pas à saupoudrer son texte de mots et d'expressions germaniques. Et son découpage non linéaire de la chronologie ajoute au suspense, c'est parfaitement maitrisé.
S'il est un défaut à signaler, il est inhérent à la qualité de l'auteur de dresser des personnages charismatiques. De fait, on regrettera que certains ne prennent pas plus de place dans l'histoire. La capitaine de police Hoffer, par exemple, mériterait bien une série de polars rien qu'à elle.
Un nouvel auteur, donc, sur les bancs de la littérature policière française, qui mérite qu'on le suive avec intérêt. Si le contexte franco-allemand est ce qui a motivé la lecture de ce titre en particulier, il est pas impossible que je me reporte sur ses premiers romans qui ont eux aussi rencontré une critique très favorable.