vendredi 12 mai 2017

L'avis d'Emma sur I invade you...

...pour son blog Et tu lis encore Emma ?



Avant tout, je tiens à remercier Les Editions Thierry Magnier pour l’envoi de ce service presse.
J’étais curieuse de lire ce livre, un polar jeunesse voilà qui semblait intéressant… et encore plus lorsque je me suis rendue compte que j’avais déjà « croisé » des Space Invaders lors de balades dans Paris ! A l’époque j’en avais apprécié l’esthétique sans trop me poser de questions, je me suis donc dépêchée de plonger dans cette histoire pour en apprendre un peu plus.. 

Esther est une jeune fille de 16 ans qui essaye de se remettre d’une rupture amoureuse douloureuse en chassant les Space Invaders, ces mosaïques représentant des personnages pixellisés disséminés dans les rues de Paris. Le créateur, Invader, accompagné de son assistant Orbi les posent sur les murs de grandes villes, un street art très apprécié des chasseurs de Spaces qui les traquent grâce à une application sur leur smartphone mais un peu moins d’un tueur qui lui assassine sous ces mosaïques.

J’ai apprécié ce livre pour diverses raisons. Tout d’abord pour ses personnages.. En effet, j’ai aimé que les adolescents soient de vrais ados avec leurs problèmes, leur langage et surtout les réactions de leur âge. Pas de super-héros de 15 ans sauvant la veuve et l’orphelin, juste une jeune fille un peu perdue, un jeune geek amoureux qui jouent à chasser les Spaces et se cherchent. Je me suis attachée à eux au fil des pages tout comme à Lila qui va enquêter sur les meurtres. 

Ensuite, j’ai tout particulièrement aimé apprendre à connaître l’artiste Invader. Son approche de l’art est vraiment intéressante, sortir l’art des musées est une idée géniale. Chaque balade peut se transformer en découverte et chaque détour de rue peut cacher une nouvelle oeuvre puisqu’il se renouvelle grâce à des invasions régulières. J’adorerais pouvoir arpenter les rues à la recherche de Spaces et pouvoir les photographier afin d m’en faire une galerie personnelle.. Si un jour l’invasion commence dans l’Oise prévenez moi !! 

Ce livre a été écrit à 4 mains par Nils Barrellon, auteur de polars et Sarah Turoche-Dromery auteure et monteuse pour le cinéma. Une histoire fluide qui pousse le lecteur à tourner chaque page rapidement afin de découvrir le fin mot de l’histoire. Le polar est bien adapté à un lectorat jeune mais ravira aussi les amateurs plus âgés. 

Et enfin, je dois dire que j’ai adoré l’esthétique du livre. La couverture est très réussie et ça a été un véritable régal de découvrir de petits Spaces éparpillés dans les pages, une vraie chasse à domicile ! 
Ce livre est un coup de coeur pour moi autant pour son histoire captivante que pour la balade qu’il m’a emmené faire dans Paris à la recherche des Spaces. Et je remercie chaleureusement Nils Barrellon et Sarah Turoche-Dromery  de m’avoir permis de m’intéresser au Street-art ! 
 
Ma note : 9/10

mercredi 10 mai 2017

L'avis de Cecile sur I invade you...

...pour son blog Ce que Marguerite Lit

 
L'été passé, nos (très) (grands) ados partaient à la chasse aux Pokémons. Depuis, le soufflé est un peu retombé (pour le plus grand bonheur de mes promenades dans le parc voisin...), mais les Space Invaders, eux, tiennent le coup depuis plusieurs années. Nils Barrellon et Sarah Turoche-Dromery nous proposent de les suivre sur les pas d'Esther, dans une découverte de Paris version street art. Au cours d'invasions nocturnes bien rodées, Invader et Orbi déposent leurs personnages pixellisés sur les murs de la capitale française. Quelques heures plus tard, les chasseurs de Spaces se lancent à la recherche de ces mosaïques, armés de leur téléphone, dans le but de les flasher et d'engranger des points. Esther est de ceux-là, qui tente d'oublier dans ces longues promenades un chagrin d'amour encore douloureux. Ce qu'elle ignore, c'est qu'une jeune femme vient d'être assassinée au pied d'une des mosaïques...

Voila quelques mois que j'avais envie de découvrir les romans policiers de Nils Barrellon. Je voulais profiter de Polar Lens pour le faire en live... mais mon dos en a décidé autrement. C'est finalement en jeunesse que j'ai eu l'occasion de tâter pour la première fois de sa plume, associée à celle de Sarah Turoche, monteuse pour le cinéma et auteure de romans jeunesse chez Thierry Magnier. 

Et c'est un tout bon roman policier que j'ai ainsi eu la chance de lire en avant-première. J'ai en effet trouvé à ce roman jeunesse plein de points positifs.

Le thème, tout d'abord, qui devrait se révéler accrocheur pour nos smartphone-addicts. Les personnages, ensuite, et leurs rôles. J'ai été ravie, en effet, de voir que les auteurs avaient évité l'écueil du jeune héros qui mène lui-même l'enquête comme un grand. Rien de moins crédible, selon moi (et je sais que certains de mes élèves partagent mon avis) qu'un gamin de 14 ans qui arrive à mener une enquête en pleine nuit (à pied!) et à accéder à des informations sensibles pour se retrouvez nez-à-nez avec un gros méchant qu'il abattra finalement d'un croche-pied. Je caricature? Oui, un peu. Mais pas tant que ça. Ici, l'héroïne et son soupirant sont des ados comme tous les autres, auxquels on prendra plaisir à s'attacher. De même, on suit une inspectrice débutante, pas franchement sûre d'elle dans cette première enquête, mais en évitant les bourdes irrécupérables, les grosses guéguerres inter-services et les clash retentissants avec les supérieurs, même si ces difficultés ne sont pas occultées.

Enfin, on est ici face à un vrai roman policier, qui n'élude pas certains contenus ou termes techniques sous prétexte qu'il cause à des jeunes. Et ça, de mon point de vue, c'est vraiment très appréciable! L'enquête emmène le lecteur jusqu'en salle d'autopsie, et le plonge au coeur de Paris et d'une brigade criminelle, en usant du jargon consacré. Un lexique en fin d'ouvrage reprend ces termes qui nous sont familiers, à nous amateurs de polar, mais qui risquent de gêner la compréhension des néophytes. Bref, c'est un roman que j'utiliserais sans hésiter pour aborder le policier avec mes élèves, d'autant que ce lexique pourrait tout-à-fait être mis en lien avec un article sur le fonctionnement de la police scientifique, sujet sur lequel ils sont toujours pleins d'interrogations.

J'ai en outre vraiment apprécié cette plongée dans le monde des chasseurs de Space Invaders. J'en avais déjà vus, mais je ne pensais pas que c'était aussi énorme et organisé. J'ai découvert, amusée, une communauté de grands enfants qui jouent depuis 2014 et réparent les invaders abîmés, et le nombre incroyable de mosaïques posées, y compris sous l'eau ou dans la Station Spatiale Internationale!

Voila qui me donne très envie de lever les yeux lors de notre week-end à Paris le mois prochain ! 😊